articles de réflexion sur le développement durable

Samedi 30 août 2008 6 30 /08 /Août /2008 22:49

 

 

Hinisa Hidisa est une entreprise qui gère des barrages hydrauliques dans la région de Mendoza. Elle appartenait à EDF mais le groupe français l´a vendue  il y a quelques années à Pampa Energia, un groupe argentin.

 

Nous avons voulu rencontrer cette entreprise car celle-ci met en place un certain nombre de programmes en lien avec le développement durable. La problématique qui est alors soulevée est la suivante: comment une grande entreprise peut elle agir sur la société et l'environnement tout en restant rentable économiquement?

 

Les programmes d'Hinisa-Hidisa

 

Hinisa-Hidisa met en place une série de programmes afin de toucher la société et d'améliorer son impact sur l'environnement. Il convient de souligner que tous ces programmes sont en lien avec le coeur de métier de l'entreprise: gérer des barrages hydrauliques. Même s'il est évident que ses programmes témoignent d'un réel souci pour l'environnement et la société, il ne s'agit en aucun cas de programmes de charité: la plupart des actions réalisées sont considérées comme des investissements à long terme qui ont pour but d'augmenter l'efficacité et la rentabilité de l'entreprise. D´autres sont simplement cohérentes avec la philosophie et la stratégie de l'entreprise, permettant d'augmenter les valeurs sociales et environnementales, mêmes si elles en sont pas rentables. (Quoique l'on peut toujours les rattacher à l'amélioration de l'image de marque)

 

Hinisa- Hidisa a développé cinq programmes: éducation, nutrition, prévention, environnement, tourisme.

 

Un des programmes initié par Hinisa-Hidisa concerne l'éducation. Il s'agit de sensibiliser les enfants de 400 écoles sur les thèmes de la sécurité près de barrages hydrauliques. Ils expliquent aussi aux enfants comment est techniquement produite l'électricité à partir de l'eau. On voit ici l'intérêt qu'a Hinisa-Hidisa à investir dans l'éducation des enfants pour qu'ils comprennent mieux le rôle de l'entreprise, afin de prévenir les éventuels problèmes de sécurité et qu'ils ne rejettent pas l'entreprise.

 

Un autre programme concerne la nutrition des enfants. Il s'agit d'aider des enfants à élaborer leur propre aliment (barres energétiques). Cela permet d'apprendre les bases d'hygiène aux enfants, de leur donner des conseils sur la nutrition. Il s'agit d'un investissement à long terme sur la communauté au sein de laquelle sont implantés les barrages. En effet, Jesus Herrera nous a expliqué qu'il ne faut pas voir les problèmes sociaux et environnementaux séparés de l'intérêt de l'entreprise: au contraire, la communauté impactée par ces programmes nutritifs constitue la main d'oeuvre de l'entreprise et surtout du cadre dans lequel elle évolue. Ainsi si des problèmes d'hygiène se développent au sein des communautés, cela peut affecter les barrages, par la contamination de l'eau ou la santé des personnels.

 

Un autre programme de prévention est mis en place, à un niveau plus général que la seule éducation des enfants. Il s'agit de sensibiliser toute la population proche des barrages sur l'activité hydraulique, ses enjeux et ses dangers.

 

De plus, un programme de protection de l'environnement est mise en place. Cela permet de limiter l'impact écologique de l'entreprise et d'expliquer aux gens l'intérêt de protéger des ressources précieuses comme l'électricité ou l'eau.

 

Enfin, un dernier programme consiste à aider au développement du tourisme. En effet, les barrages sont installés dans de beaux sites. L'entreprise ne veut pas que le tourisme soit freiné à cause de sa présence. Elle comprend qu'elle a tout intérêt à développer un tourisme qui permet d'enrichir la zone et connaît donc des impacts sociaux positifs.

 

 

A travers ces programmes, Hinisa-Hidisa veut toucher deux sortes de public. D'une part les communautés extérieures à l'entreprise mais qui vivent proches des installations hydrauliques. D'autre part, les propres employés de l'entreprise sont inclus dans les programmes. Il s'agit de véritablement créer une culture d'entreprise où chaque employé est ambassadeur des thèmes de protection de l'environnement et de la société. Personne n'est obligé de participer aux programmes, l'implication se fait sous la forme du volontariat. Cependant, tout employé d'Hinisa-Hidisa reçoit une sensibilisation aux thèmes sociaux et environnementaux. De plus, les valeurs qui animent les programmes mis en place se retrouvent dans le mode de mangement: respect des employés, économies d'énergie dans les bureaux,... “la caridad empieza por casa” ce qui signifie”charité bien ordonnée commence par soi-même”.


Les raisons de cet engagement dans le durable: la nécessité de voir à long terme

Lors que nous demandons à Jesús Herrera les raisons de ces programmes, l'intérêt réel que l'entreprise y tire, il semble presque surpris de notre question. Sa réponse est la suivante: “ ce n'est plus possible de faire du business autrement” ( = No se puede gestionar de otra manera ahora”). En effet, pour lui, l'entreprise a tout intérêt à éviter les crises environnementales qu'elle peut facilement produire, notamment pour des projets aussi grands que les centrales hydrauliques (on le voit avec le barrage des 3 Gorges en Chine par exemple). Il s'agit de prévenir plus que de guérir. De même, faire en sorte que les communautés locales vivant autour des centrales soient informées sur les risques, que les enfants soient en bonne santé, est une façon de diminuer les risques de rejet de l'entreprise, les crises sociales et garantit au contraire une fidélité des employés et une collaboration avec les communautés locales. Ainsi, une grande entreprise de bois qui avait une usine à endoza a dû se retirer de la région sous pression de la communauté locale qui refusait de continuer à voir toute la pollution que l'entreprise déversait. Un autre cas qui a fait grand bruit est le cas d'une papeterie d'un grand groupe industriel finlandais qui a été rejeté par l'Uruguay, situé en aval du fleuve que cette papeterie souhaitait utiliser, pour cause de pollution. Les investissements d'étude de marché, tout le travail de contact avec les autorités, les fournisseurs, etc a été ruiné parce que l'attention aux communautés qui pouvaient être impactées à été négligé. Ainsi, un des grands principes d'Hinisa-Hidisa est la transparence. Des journées portes ouvertes sont organisées régulièrement. Cela permet un contrôle permanent sur les impacts environnementaux et sociaux de l'entreprise.

 

En approfondissant les raisons de cet engagement dans la protection de l'environnement et de la société, on peut distinguer trois motivations : intérêt bien compris, obligation de consommateurs et conviction personnelle.

 

Une des premières raisons consite donc en un intérêt bien compris de l'entreprise. La plupart des entreprises voient la protection de l'environnement et les mesures sociales comme un coût supplémentaire. Jesús Herrera nous a expliqué que pour lui c'est exactement le contraire. Si les entreprises n'anticipent pas ces besoins de normes environnementales et de protection de la société, elles devront supporter des coûts beaucoup plus important dans le futur. Il nous a cité l'exemple des entreprises pétrolières touchées par les marées noires, ou du cas Nike. On peut même aller plus loin en disant que ces mesures ne sont pas des coûts mais peuvent apporter des gains. On le voit ainsi avec les économies d'énergie dans un monde où les prix des matières premières explosent, ou bien avec la fidélisation des salariés.

 

Une autre raison de cet engagement dans la protection de l'environnement et de la société, consiste en une obligation extérieure. Ainsi, de plus en plus de normes se développent, qui demandent aux entreprises de mieux maîtriser leurs impacts écologiques par exemple. Ainsi, de nombreuses entreprises de vin de Mendoza (bodegas) ont dû réfléchir à ces thèmes car lorsqu'elles exportaient en Europe ou aux Etats-Unis, l'acheteur voulait avoir la certification qu'il n'y avait pas de travail d'enfants ( ce qui est courant dans l'exploitation des vignes) ni de grande contamination environnementale. Un autre levier de pression est le consommateur lui-même qui demande de plus en plus des produits non polluants et qui prennent soin de la société. Cette tendance est nouvelle en Argentine, mais se développe de plus en plus. On parle de “consommateur conscient”.

 

Enfin, la conviction personnelle du dirigeant de l'entreprise ou de l'actionnaire peut permettre une orientation de l'entreprise vers une meilleure gestion des impacts sociaux et environnementaux. On l'a vu avec le cas “Masisa”.

 

Résultats

 

Hinisa-Hidisa consacre 0,5% de son EBITDA dans les programmes décrits plus hauts. Pour le programme éducation par exemple, 20 000 étudiants ont été touchés, dans 300 écoles environ. Il y a eu alors 0 accidents depuis le début du programme,ce qui est assez rare dans les pays en développement. De plus en plus d'écoles leur demandent de faire des interventions chez elles. La presse a aussi largement relayé ces initiatives. Il faut dire qu'il est rare enArgentine qu'une entreprise exploitant les ressources naturelles s'engage dans une politique de protection de l'environnement et de souci social. La conviction d'Hinisa-Hidisa est que l'exploitation des ressources naturelles ne peut être rentable à long terme sans y associer un souci environnemental et social. Parce que cela évite des coûts environnementaux énormes, parce que cela évite les crises sociales et qu'il s'agit d'investir sur la main d'oeuvre future, l'entreprise ne peut faire autrement que d'inclure des critères sociaux et environnementaux dans sa gestion.

 

Conclusion: des actions durables à inventer pour chaque secteur

L'exemple d'Hinisa-Hidisa nous paraît intéressant car il montre comment une grande entreprise peut concrètement inclure dans son business model un souci environnemental et social. Hinisa-Hidisa a choisi de se centrer sur l'éducation principalement, qui constitue pour elle un investissement à long terme.

 

Mais il n'y a pas une seule façon de répondre à ces problématiques. Lorsque le coeur de métier d'une entreprise consiste à exploiter des ressources naturelles, il est clair que la question environnementale est au coeur de son business. D'autres entreprises ont d'autres impacts sociaux et environnementaux. C'est à chacune d'entre elles d'inventer des formes innovantes de gestion et de production pour améliorer leur rentabilité à long terme car elles auront compris l'intérêt et la nécessité qu'il y a à protéger l'environnement et la société.

 

Sources:

Deux entretiens avec Jesús Herrera en août 2008

http://www.valos.org.ar/spaniol/home.php

 

 

 Annexe:

 

 

Une vidéo de Jesús Herrera nous présentant les programmes d’Hinisa-Hidisa
Par Marie & Olivier - Publié dans : articles de réflexion sur le développement durable
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Jeudi 17 juillet 2008 4 17 /07 /Juil /2008 23:07

Raul Farge Campos s’est lance dans ECOPIVES (Ecologia del Parque Industrial de Villa El Salvador) en 2000. Villa El Salvador est un bidonville majeur de Lima, qui a une histoire très particulière, puisqu’il s’est créé à partir d’une expérience d’autogestion de ses habitants, en majorité des migrants venus des Andes. Le budget participatif, la construction d’écoles, de centres de soin et d’espaces verts dans chaque bloc abritant un nombre prédeterminé de familles a permis à Villa El Salvador d’obtenir de nombreux succès sociaux. Un parc industriel a été créé, d’abord pour des grandes entreprises, mais son échec a permis de l’ouvrir aux PME locales. Il n’a décollé réellement qu’à partir de la privatisation des parcelles, chaque entreprise pouvant posséder son terrain. Son développement a été impressionnant, de nombreuses entreprises fournissent Lima en divers biens durables ; elles sont regroupées en 7 différents ensembles correspondants à leur métier. Mais ce développement a conduit à une production de déchets non contrôlés et les déchets ont vite envahis les rues du parc.


 

L’idée de Raul était d’assainir le parc industriel, où aucun ramassage des ordures n’avait lieu. Les clients de son entreprise de meubles étaient ravis de la qualité de ses meubles, mais étaient répugnés par l’environnement dans lequel ils devaient venir chercher leurs meubles. Raul s’est alors chargé de convaincre ses voisins entrepreneurs pour modifier la situation, en faisant payer chacune des entreprises au prorata de ses déchets pour rémunérer des entreprises de nettoyage. Ce n’est qu’après deux ans de travail qu’il a réussi à mettre en place le système. De plus, il a réussi a réunir un groupe d’entrepreneurs les plus motives au sein d’ECOPIVES, afin de planter 2000 arbres dans le parc industriel.

 

Ce qui nous semble important ici, c’est l’inertie qui s’est installée parmi les entrepreneurs du parc. Même si la démarche de développement durable d’assainir le parc était dans leur intérêt, il a fallu l’intervention de Raul pour lancer le projet, après un premier échec dû à des tensions avec la municipalité. Et Raul, en dehors de ses qualités de meneur d’hommes, a beaucoup bénéficié du fait que son entreprise marchait très bien et lui laissait du temps.



 

Ainsi, même si développer une stratégie ou des actions plus éparses sur le développement durable est dans l’intérêt de l’entreprise (meilleure image, économie d’énergie, amélioration des conditions de travail, etc), son application est loin d’être automatique. Il faut, comme pour tout projet, que l’entreprise puisse mobiliser une équipe, des ressources en général, sur un thème éloigné du cœur de l’activité. Ce qui freine considérablement l’action.
 

En dehors d’exemples comme Raul Farge Campos, si l’on veut pouvoir agir de manière plus structurelle, réplicative, il faut se tourner vers d’autres solutions. Des entreprises commencent à apparaître, qui sont payées principalement sur les économies d’énergies qu’elles suggèrent aux entreprises. De telles entreprises pourraient avoir un grand avenir, vu le développement de la sensibilisation au développement durable, associé à une grande inertie et un engagement souvent marketing ou limité à quelques actions marginales (économie de papier, lampes économique, utilisation de visioconférence, etc). Proposer et mettre en place des solutions avec une rentabilité prouvée peut sûrement s’imposer. Mais, venant de l’extérieur, ces sociétés seront sûrement limitées, car les changements les plus efficaces sont souvent ceux liés aux process de production, que connaissent bien mieux les équipes opérationnelles.

Par Marie & Olivier - Publié dans : articles de réflexion sur le développement durable
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Vendredi 20 juin 2008 5 20 /06 /Juin /2008 14:07
Voici un lien pour un article en espagnol où une Péruvienne parle de son pays.

http://blog.sabf.org.ar/2008/05/07/%c2%bfque-es-peru/langswitch_lang/es/#more-80

Par Marie & Olivier - Publié dans : articles de réflexion sur le développement durable
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Vendredi 20 juin 2008 5 20 /06 /Juin /2008 13:30

Le but de ce bog est, entre autre, de réfléchir et communiquer sur le développement durable. Nous avons pensé à une forme originale pour réfléchir à différentes problématiques sur le développement durable: le dialogue. Voici ici notre premier essai, dites-nous ce que vous en pensez,si c'est agréable à lire, compréhensible, etc. Nous attendonc vos réaction !!!

Petit dialogue : « Pourquoi les entreprises devraient-elles s’engager dans le développement durable ? »

 

 

Olivier : « La première chose que je voudrais souligner c’est que l’entreprise est un acteur majeur du monde contemporain. Son impact économique et social est énorme : c’est elle qui fournit le travail. Son impact environnemental n’est pas moindre : elle modifie, voire pollue l’environnement par ses activités, mais aussi par la multitude de produits et de services qu’elle met en place.

Je pense donc que, de l’impact évident de l’entreprise sur la société et l’environnement, découlent des responsabilités. Pour moi, l’entreprise est responsable des modifications sociales et environnementales qu’elle provoque ; elle a même une certaine responsabilité par rapport à ceux-ci et doit chercher à les préserver. C’est pour ces raisons que l’entreprise doit adopter une démarche de développement durable. »

 

Marie : « Je vois les choses différemment : tous les impacts dont tu parles sont très difficilement maîtrisables. Ce n’est pas le rôle de l’entreprise que de se préoccuper de l’évolution de la société et de l’environnement ! Le but d’une entreprise est de faire du profit, d’être viable économiquement, pas de se préoccuper de problématiques sociales et environnementales qui dépassent le champ de son action. C’est le rôle de l’Etat et du législateur que de créer un cadre législatif qui empêche les entreprises de nuire à la société et à l’environnement. Il est bien trop difficile pour l’entreprise de fixer ses propres limites sociales et environnementales à la poursuite du profit.»

 

Olivier : « On ne peut pas légiférer sur tout. Il faut que les entreprises aient une conscience du développement durable autre que le respect de la loi, qu’elles intègrent ces principes dans leur mode de production. Si on laisse à l’Etat le rôle de fixer par la loi les règles du développement durable, cela se fera de manière incomplète, les entreprises défendant leurs intérêts pour alléger ces contraintes, et essaieront de se soustraire à la loi lorsque ce sera possible. Il faut arrêter de voir l’entreprise comme un seul centre de profit, une entité indépendante de la société et de l’environnement : au contraire, elle est partie prenante de la société et du milieu naturel qu’elle modifie. Pour moi, l’intérêt de l’entreprise est supérieur à l’intérêt de ses parties prenantes (actionnaire, salariés, fournisseurs et clients) : il s’agit de l’intérêt général

 

Marie : « Mais ces intérêts des différentes parties prenantes ne sont-ils pas contradictoires ? Le salarié veut être payé le plus possible tandis que l’entreprise a intérêt à minimiser la charge salariale, les clients veulent le prix le plus bas alors que les fournisseurs essaient d’être payés au prix le plus élevé possible, etc. La notion d’intérêt général dont tu me parles semble être bien idéaliste : ça ne peut pas fonctionner ! Il faut qu’un intérêt prépondérant coordonne tout ça. La recherche du profit me semble approprié : si l’entreprise fait du profit, cela bénéficie à tout le monde !"

 

Olivier : « Mais je n’ai jamais dit que le but d’une entreprise n’était pas de faire du profit, d’être rentable économiquement parlant. Le développement durable ne s’oppose pas à ce but, bien au contraire. Il faut se demander si le fait qu’une entreprise s’engage dans le développement durable peut lui permettre d’augmenter sa rentabilité économique. C’est une question à laquelle il est très difficile de répondre. Au niveau macroéconomique, il est clair que oui : le développement durable vise à la préservation des hommes et de la nature. Or une entreprise a besoin d’hommes, que ce soit comme salariés ou consommateur. De même, un environnement sain lui fournit les ressources dont elle a besoin. Le développement durable permet de préserver les ressources rares, enjeu de plus en plus essentiel. Au niveau microéconomique, c’est plus discutable. Est-ce qu’une entreprise dans son marché est plus compétitive si elle s’engage dans le développement durable ? »

 

Marie : « Il me semble qu’un certain nombre d’éléments semblent montrer qu’une entreprise a tout intérêt à s’engager dans le développement durable au niveau microéconomique. D’une part le coût que représente maintenant le fait de polluer incite les entreprises à moins polluer. Ensuite, l’importance de l’image a une grande influence sur le comportement des entreprises: je suis persuadée qu’un des plus grands moteurs du développement durable est la conscience du consommateur. Les gens se sentent concernés par le développement durable et cherchent maintenant des produits en accord avec leurs principes. La consommation va influencer la production. De plus, certains procédés de production en accord avec le développement durable semblent être plus rentables. Je pense par exemple à l’économie circulaire qui consiste à faire utiliser les déchets d’une entreprise comme matière première pour une autre entreprise. Ainsi, on élimine les coûts de traitement des déchets. Alors, oui, si le développement durable se révèle rentable pour l’entreprise, je pense qu’elle a tout intérêt à s’engager dedans.

 

Olivier : « Mais une entreprise doit-elle s’engager dans le développement durable uniquement s’il est rentable ? Les enjeux du développement durable ne dépassent-ils pas la simple  notion de rentabilité économique ? On bute ici au problème de l’horizon de réflexion : comment concilier le court-termisme qui domine l’appréciation de la rentabilité économique d’une entreprise avec le long terme qu’exige le développement durable ?

 

Marie : " c’est une question cruciale en effet, et ce n’est pas facile d’y répondre. Mais il ne faut pas exagérer, une entreprise a aussi des considérations pour le long terme. "

 

Olivier : "Le débat est lancé. Nous y reviendrions dans de prochaines discussions ! »

Par Marie & Olivier - Publié dans : articles de réflexion sur le développement durable
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Dimanche 15 juin 2008 7 15 /06 /Juin /2008 21:31

            Les entreprises impactent de manière forte, directement et indirectement, la sphère sociale et la sphère environnementale. Elles ont donc un rôle à jouer dans l’élaboration d’un développement durable. C’est le point de départ de notre projet.

 

Il existe des entreprises et entrepreneurs qui se fixent comme objectifs d’avoir des impacts positifs dans ces sphères. Ils apportent des solutions souvent innovantes pour que l’activité économique soit positive pour tous. Mais les modes de consommation et de production majoritaires actuellement, paraissent souvent être en contradiction avec les objectifs d’un développement durable.

Nous souhaitons donc montrer que des entreprises engagées dans le développement durable sont viables et préférables à des acteurs désintéressés par ces enjeux.

 



          Au-delà de cet objectif, nous souhaitons offrir une réflexion sur le rôle des entreprises dans le développement durable dans des termes accessibles au plus grand nombre, à l’aide d’articles répondant à des questions précises, illustrés par des exemples. Conscients des limites du rôle des entreprises, nous souhaitons chercher la manière dont ce rôle doit être articulé avec celui des autres acteurs (notamment l’Etat et la société civile).

Par Marie & Olivier - Publié dans : articles de réflexion sur le développement durable
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